Katherinne Fiedler
EN ALGÚN LUGAR / SOMEWHERE IN, 2021
Vidéo mono-canal
2 min 40 sec
Édition de 3
Courtesy de l’artiste et mueve galeria
Crédits:
Direction and montage: Katherinne Fiedler
Habillage sonore: Pauchi Sasaki
Camera: Daniel Gárate
Étalonnage: Wawin Arriagada
L’œuvre documente la rencontre entre un grand coquillage et un serpent qui en explore les courbes et les cavités. La musique instaure une atmosphère de mystère et de fascination, intensifiant une expérience visuelle qui évoque une rencontre amoureuse. En pénétrant dans la coquille, le serpent rappelle les multiples formes de vie ayant habité cette enveloppe calcaire, produite par un mollusque pour assurer sa survie dans l’océan. Cette rencontre suggère la présence d’un corps absent et révèle un lien entre les espèces.
La caméra nous offre des gros plans détaillés de cette rencontre, mettant en valeur les textures de la peau écailleuse du serpent et la douceur de la nacre du coquillage. Le rythme du mouvement empêche de percevoir clairement l’échelle respective des organismes. Bien que le coquillage soit montré dans son intégralité, le serpent n’est jamais entièrement visible, car il s’insère à l’intérieur de la coquille. Cette rencontre revêt une dimension érotique, mais aussi un caractère mystérieux et potentiellement troublant.
Katherinne Fiedler
GUARDIANES / GUARDIANS, 2024
Vidéo installation 3 canaux
11 min 28 sec
Edition de 3
Courtesy de l’artiste et mueve galeria
Crédits:
Direction et montage: Katherinne Fiedler Gonzales-Daly
Conseil scientifique et curatorial: José-Carlos Mariátegui
Cinématographie: Daniel Gárate
Musique et habillage sonore: Pauchi Sasaki
Camera II: Ricardo Pigati
Assistant montage: Diego Cendra Woodman
Post Production et étalonnage: Eduardo Arraigada “Wawin”
Production: Nathalli Maguiño
Chiens: Chicho and Uber / Animal Action
Au niveau du 31 kilomètre de l’ancienne route panaméricaine, dans la vallée de Lurín (Lima, Pérou), le Museo Nacional del Perú (MUNA) — le plus grand musée d’Amérique latine — a été érigé pour abriter le patrimoine culturel de la nation. Trois ans après son ouverture, le musée demeure en grande partie vide, révélant la fragilité du cadre de la politique culturelle péruvienne.
Dans l’installation vidéo à trois canaux *Guardians*, Katherinne Fiedler explore les ambitions et les contradictions inhérentes à l’architecture monumentale du MUNA. Des séquences continues guident le spectateur à travers des salles désertes et des couloirs interminables, où le bâtiment à la fois domine le désert environnant et s’y soumet. En l’absence de visiteurs ou de collections, des chiens errants en deviennent les seuls habitants. Profondément ancrés dans la mythologie précolombienne, ils incarnent la protection tout en remettant en question les notions conventionnelles de patrimoine. *Guardians* porte un regard sur le désert péruvien en tant que lieu de convergence entre patrimoine, nature et aspirations politiques.
Katherinne Fiedler
HABITAR / INHABIT, 2022
01min 50 sec
Edition of 3
Courtesy de l’artiste et mueve galeria
Crédits:
Direction et montage: Katherinne Fiedler
Directeur de la Photographie: Daniel Gárate
Habillage sonore: Pauchi Sasaki
Étalonnage: Wawin Arriagada
Dans Inhabit, nous suivons les déplacements d’un serpent au sein d’un espace inhabité. La caméra poursuit l’animal sans jamais tout à fait le rattraper : on n’aperçoit jamais sa tête, seulement son mouvement sinueux à travers les ouvertures et les anfractuosités de moulages en plâtre qui révèlent parfois les traces du derme — des pores, marques et cicatrices de la peau imprimés sur la surface minérale.
Ces enveloppes blanches, moulées à partir de la peau même de l’artiste, demeurent en contact permanent avec un reptile appelé, à un moment de son existence, à muer. Ces deux strates — l’humaine et l’animale, celle déjà quittée et celle appelée à l’être — évoquent le renouveau, la captivité et la mort. Ce n’est pas un hasard si l’image finale de la vidéo montre un amas troublant où s’empilent des fragments de corps, une vision ambiguë oscillant entre le réel et la construction numérique.
Ce jeu entre le réel et le simulé, le physique et le virtuel, inscrit l’œuvre dans un territoire liminal caractéristique de l’art numérique : un espace où le traditionnel revêt une signification nouvelle et devient indiscernable de l’artificiel. Il s’agit également d’une fiction bâtie à partir du réel, d’une forme de nature métamorphosée en artifice. C’est au cœur de cette friction que surgit le désir, se manifestant aussi bien dans ce qui est représenté que dans ce qui est reconstruit.
Katherinne Fiedler vit et travaille entre Lima, Madrid et Paris. Sa pratique traverse les champs de la sculpture, de l’installation et de l’image en mouvement. Elle aborde le paysage comme une entité produite plutôt que représentée.
Elle travaille la céramique, le textile, les fossiles et les coquillages, souvent en confrontation avec des matériaux industriels ou synthétiques. Ces matériaux ne sont pas cloisonnés par catégories ; ils coexistent dans un même espace et témoignent de différents états de transformation.
Son travail se construit à travers des processus de déplacement et de recomposition. Les formes ne se figent pas en images arrêtées ; elles demeurent en transition, conservant les traces de leur extraction et de leur usage. La distinction entre nature et culture n’est pas considérée comme une évidence, mais est mise à l’épreuve par chaque décision liée aux matériaux.
Elle a étudié les beaux-arts à l’Université de Barcelone.
Son travail a été présenté en Amérique latine et en Europe, notamment au MAAT dans le cadre de la 7e Triennale d’architecture de Lisbonne et au Museo de Arte Contemporáneo de Lima (MAC), où elle a exposé *Guardianes* (sous le commissariat de José Carlos Mariátegui). Elle a effectué des résidences à la Casa de Velázquez (Madrid), chez FLORA ars+natura (Bogota), à LARA Panamá, chez Utopiana (Suisse), à Hawapi (Pérou) et à Bilbaoarte (Bilbao).
Elle a reçu la bourse Leonardo de la Fondation BBVA pour les créateurs et chercheurs (2023), le prix CIFO pour les artistes émergents (2017) ainsi que la bourse « Europe Moves » du Goethe-Institut.
Parmi ses récentes expositions personnelles, citons *Guardianes* (MAC Lima), *Lo inmenso y lo pequeño* (Galería del Paseo, 2022), *El futuro de la memoria* (Galería del Paseo, 2019) et *Ficción variable* (La Galería, 2015). Elle a également participé à des expositions collectives telles que la 7e Triennale d’architecture de Lisbonne (MAAT), *Negar el desierto* (MAC Lima, 2021) et *No Black, No White* (CIFO, Miami, 2017).
mueve (galería) est un projet d’art contemporain basé à Lima qui fonctionne selon une structure flexible, associant un noyau permanent à des expositions itinérantes à travers la ville et d’autres régions du Pérou. Fondée par Marianelli Neumann et Tadeo Bellatin Elmore, la galerie développe des expositions, des initiatives de recherche et des collaborations reliant des artistes du Pérou et d’Amérique latine à des réseaux curatoriaux et institutionnels internationaux.
Plutôt que de partir d’une conception figée de ce que devrait être une galerie, mueve (galería) se définit comme un projet en mouvement. Sa structure s’inscrit dans une transformation plus large de l’écosystème de l’art contemporain, où les modèles traditionnels de galeries sont de plus en plus remis en question. Dans ce contexte, le projet ne cherche pas à imposer un cadre prédéfini, mais à être à l’écoute — des artistes, des commissaires, des chercheurs et du public — et à s’interroger sur ce que signifie ouvrir et pérenniser un espace d’art contemporain aujourd’hui, en particulier au regard des conditions historiques et géographiques du Pérou.
Cette démarche implique une réflexion constante : sur la nature actuelle ou future d’une galerie, sur la manière dont les pratiques artistiques circulent et prennent forme dans des contextes variés, et sur la signification de l’art contemporain dans un pays marqué par une diversité de traditions culturelles, des structures institutionnelles inégales et des récits historiques complexes.
La galerie collabore avec des artistes émergents et à mi-carrière dont les pratiques interrogent de manière critique les conditions sociales, historiques et écologiques du présent. Une attention particulière est portée aux démarches qui élargissent les récits établis de l’art latino-américain, notamment celles façonnées par les cosmologies amazoniennes, les systèmes de savoirs vernaculaires et l’expérimentation matérielle. À travers des expositions, des publications et des projets de recherche, mueve cherche à inscrire ces pratiques dans des dialogues internationaux plus vastes.
